AZAD PHARMA EN ARMÉNIE

Mike Baronian lors du business lunch organisé à Zurich le 22.01.2018 par la Chambre de Commerce Suisse-Arménie à l’occasion de la visite de K. Karapetyan, Premier-ministre de l’Arménie à l’époque

Mike Baronian: « Je pense qu’il est important pour l’Arménie de garder les personnes instruites et bien formées »

AZAD est l’histoire d’un double succès arménien: celui de Mihran Mike Baronian, le fondateur de cette société et celui des investissements de cette dernière en Arménie.

Mike Baronian est né à Haïfa en Israël dans une famille de 5 enfants. Son père était un survivant du génocide, originaire d’Adana, alors que sa mère est née à Chtaura au Liban. En 1962, la famille a émigré au Canada. Diplômé en Finances et gestion d’entreprise de l’Université Concordia de Montréal, Mike a travaillé pendant 30 ans pour Johnson & Johnson en occupant des postes à responsabilité dans différents pays dont celui de directeur exécutif de Cilag à Schaffhouse de 1989 à 1997. De retour en Suisse en 1999, il a dirigé d’autres sociétés pharmaceutiques avant de fonder en 2000 sa propre société AZAD Pharma AG (www.azad.ch) pour la recherche, le développement, la vente et la commercialisation d’ingrédients pharmaceutiques actifs (IPA).

Outre ses sites de Toffen et de Schaffhouse, AZAD Pharma AG a des succursales au Canada, en Chine et en Allemagne. Depuis 2004 elle est aussi présente en Arménie et fait partie des success stories des investisseurs de la diaspora en Arménie. Pour en savoir plus, ARTZAKANK a réalisé cet interview avec son fondateur.

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Monsieur Baronian, pourriez-vous nous expliquer comment et pourquoi votre société a décidé de s’implanter en Arménie?

En tant qu’Arménien, je voulais être en Arménie et aider le pays. Mais c’était plutôt un investissement à but commercial et économique. L’idée de départ était de mettre en place une plateforme en Arménie pour essayer de vendre nos produits en Iran et dans les pays de l’ex Union Soviétique. L’Arménie est très bien située géographiquement et en termes de ressources humaines. On y trouve facilement des gens éduqués et bien formés sur le plan professionnel et qui parlent le russe et le persan. En effet, si l’on veut travailler avec des partenaires en Iran et dans les pays de l’UEEA (Union Économique Eurasiatique), il faut parler leurs langues. Nous avons alors décidé d’être près du marché.

Quelles sont les activités d’AZAD en Arménie? Combien de personnes emploie-t-elle actuel-lement sur place?

Nous avons d’abord ouvert un bureau avec quelques collaborateurs qui s’occupaient des ventes et du marketing de nos produits et nous avons eu du succès. Puis, nous avons vu qu’il y avait des opportunités de travailler avec le gouvernement arménien qui mène une politique d’ouverture pour attirer les investissements étrangers dans différents secteurs de l’économie arménienne. Nous avons alors ouvert un laboratoire de recherche pour développer nos produits et avons engagé une trentaine de personnes. En même temps, nous avons établi une société de vente en Arménie et en Géorgie où nous vendons nos produits finis à des pharmacies et des hôpitaux. Nous employons actuellement plus de 50 personnes: des chimistes, des médecins et des pharmaciens pour la plupart. Certains de nos collaborateurs ont fait des études en Allemagne et en Autriche et voulaient retourner en Arménie s’ils pouvaient y trouver un emploi. Je pense qu’il est important pour l’Arménie de garder les personnes instruites et bien formées.

Le site de Azad Pharma à Schaffhouse

Quels sont les projets d’AZAD en Arménie?

Naturellement, nous aimerions avoir un site de production en Arménie mais c’est difficile en ce moment. Nous allons commencer par une installation pilote (pilot plant). Il s’agit d’une petite usine qui produira des principes actifs à des quantités minimes, et après cela on verra si on va la garder telle quelle où l’agrandir. Nous engagerons 10 à 20 chimistes pour ce projet. Normalement on procède ainsi en chimie, c’est-à-dire, on ouvre un laboratoire, on développe les produits, on établit une installation pilote à laquelle on transfère la technologie, puis on ouvre une usine.

Comment trouvez-vous le climat des affaires en Arménie? Quels sont les difficultés ou les particularités auxquelles les investisseurs sont confrontés?

Je pense que le climat des affaires est très bon. Le pays est ouvert et favorable aux affaires. On peut établir une société au bout de 3-4 jours. On trouve des avocats compétents et le système fiscal est bien organisé. Les moyens de communication sont très efficaces. Il est vrai que le transport est un peu difficile à cause des frontières fermées avec deux pays voisins mais on peut trouver des moyens alternatifs. Mais, ce qui gène le plus est le service des douanes. Les fonctionnaires de ce service sont tellement bureaucratiques. Il nous arrive parfois de mettre deux ou trois mois pour faire dédouaner les réactifs que nous importons. Pour nous, cela représente un vrai problème*.

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Ajoutons que Mike Baronian est le président de la Chambre de Commerce Suisse-Arménie (http://sacoc.ch/), créée en juin 2017. La Chambre a pour but la promotion mutuelle des relations commerciales entre les deux pays. A cette fin, elle maintient des contacts réguliers avec les autorités suisses et arméniennes, les associations économiques, les instituts de recherche et d’éducation, les établissements bancaires, etc. Elle organise en outre des évènements promotionnels, prodigue des conseils sur les relations économiques et commerciales et offre des services de médiation et de négociation à ses membres en cas de besoin.

M.S.

(*) Ndlr: Cette interview a été réalisée le 13 avril 2018. La situation a changé depuis l’élection du nouveau Premier ministre le 8 mai 2018.

2018-06-20T21:37:56+00:00 20.06.18|ARMÉNIE & ARTSAKH, INTERVIEWS, SUISSE-ARMÉNIE|

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