SOIRÉES « AFTER WORK » ARMÉNIENNES À ZURICH

Quand on parle de la communauté arménienne de Suisse, on pense souvent aux organisations et individus actifs à Genève. En effet, c’est à Genève que sont situées l’Église St-Hagop, l’unique église arménienne de Suisse, et l’ambassade de la République d’Arménie. Cependant, il existe des communautés plus ou moins importantes en nombre dans d’autres villes également. Si certaines organisations telles l’Association arménienne scolaire et familiale d’Aarau et l’Association de secours arménienne (H.O.M.) – section Suisse à Bienne, ainsi que les paroisses de la Suisse alémanique sont connues depuis longtemps, des initiatives plus récentes lancées ces dernières années restent à découvrir.

Artzakank tente de faire connaître ces nouvelles initiatives et associations ainsi que les personnes qui sont à leur origine sans oublier les autres structures mieux connues de la communauté. Nous avons déjà publié un article sur le Centre culturel arménien de Neuchâtel créé au début de l’année (voir Artzakank N° 221 p. 9) et présentons dans ce numéro les soirées « after work » organisées à Zurich par Masis Intshitshyan.

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Spécialiste en IT, Masis travaille dans la région de Zurich depuis de longues années. En 1994, il créa  AKA-INFO, une newsletter destinée à l’origine aux membres de Arbeitskreis Armenien (AKA), une association de jeunes arméniens. Sa diffusion fut étendue par la suite à des abonnés dans tous les cantons alémaniques. Baptisé Menk en 1996, le journal publia 50 numéros avant de cesser de paraître en 2003. Malgré l’intérêt qu’il suscitait parmi ses lecteurs, sa reparution n’a pas été possible à ce jour.

Artzakank a rencontré Masis Intshitshyan pour qu’il nous explique son initiative de réseautage qui est très à la mode ces dernières années.

Comment avez-vous commencé à organiser des soirées « after work »?  

Après l’arrêt de Menk, pendant plus de 10 ans, je n’ai eu aucune participation dans la communauté arménienne. En octobre 2016, j’ai appris qu’un jeune arménien avait ouvert un bar à Zurich et il m’est venu l’idée de s’y retrouver avec des amis arméniens une fois par mois. Notre première rencontre a eu lieu déjà en novembre 2016. Depuis cette date nous nous réunissons régulièrement tous les deuxième mardi du mois, de 18h00 à 22h00. Depuis décembre 2018, nos rencontres ont lieu à V-Bar  (Freischützengasse 10, 8004 Zürich) tenu par un ami de Gumri.

Comment diffusez-vous l’information parmi les membres de la communauté zurichoise? Com-bien de personnes assistent-elles à ces ren-contres? Quel est le profil des participants? La communication se fait à travers les réseaux sociaux, notamment via Facebook. Le nombre de participants varie entre 3 et 15 personnes. Pendant une courte période nous avons eu entre 20 et 30 personnes. Âgés de 30 à 40 ans, la plupart des participants sont des spécialistes de haut niveau, originaires d’Arménie. Je pense qu’il y a d’autres personnes qui souhaiteraient nous rejoindre mais ont des contraintes professionnelles ou bien habitent loin de Zurich. Dans tous les cas, ces soirées informelles offrent aux Arméniens de la région la possibilité de se connaître, de réseauter et d’avoir des échanges enrichissants.

Ces soirées ont-elles un thème de discussion?

Nous ne fixons pas de thème. Notre principe est de se voir une fois par mois et de se transmettre le barev, le bari arev (bonjour, bon soleil) qui se trouve en chacun(e) de nous. Cela nous fait penser au poème de Paruyr Sevak intitulé Barev

– Մէկ հատիկ այս բառն եմ ասում՝
Կնքուած անձնագիր ցոյց տալու նման,
Կենսագրութիւն պատմելու նման,
Կամ հարցաթերթիկ լրացնելու պէս։

Nous abordons inévitablement les évènements importants qui ont lieu en Arménie et échangeons des idées dans une ambiance saine et agréable. Ces derniers temps nous avons débattu des questions environnementales et en particulier de la problématique de l’exploitation minière d’Amulsar.

Comment voyez-vous l’avenir de la vie communautaire à Zurich et dans les environs? Quels sont les moyens qui peuvent amener les jeunes arméniens de la diaspora à s’approprier leur arménité et/ou s’engager davantage dans la communauté?

C’est une question essentielle et difficile à la fois. Je dois dire qu’à Zurich, des activités arméniennes ont lieu de manière ponctuelle. Par exemple, en mars de cette année un cours de danses traditionnelles arméniennes a été organisé avec des participants de tous âges venant de différentes localités. Il est certes important de faire participer le plus grand nombre de personnes possible aux manifestations organisées. Cependant le problème le plus important pour tous les Arméniens et pas seulement à Zurich c’est le manque d’une idéologie nationale. Mais qui devra poser les fondements d’une telle idéologie? Avons-nous besoin d’une idéologie nationale, est-il nécessaire de s’organiser? Il n’est pas possible de trouver des réponses à ces questions pan-arméniennes sur le plan individuel. Quelques personnes qualifiées pourraient former un noyau pour travailler dessus en s’organisant sur des bases solides. Après quelques temps, les différents noyaux pourraient se mettre ensemble pour créer une communauté et ainsi de suite. Mais là-aussi, d’autres questions vont surgir: quelles seront les bases et les qualifications morales et spirituelles de ces personnes? Bref, il faudra tirer au clair une multitude de questions dans toutes les communautés. A Zurich, nos rencontres donnent la possibilité à toute personne intéressée de discuter de ces thématiques même si celles-ci ne sont pas annoncées formellement.

2019-09-28T22:13:26+02:00 28.09.19|COMMUNAUTÉ, INTERVIEWS, SUISSE-ARMÉNIE|

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