2024: MULTIPLES DÉFIS À RELEVER

par Maral SIMSAR

L’année 2023 entrera dans l’histoire des Arméniens comme une nouvelle date noire marquée par des pertes inestimables. Outre les lourdes pertes en vies humaines, le territoire considéré comme le berceau du peuple arménien, réduit à travers des siècles comme une peau de chagrin, a été de nouveau amputé à la suite de l’annexion de l’Artsakh par l’Azerbaïdjan.

Aujourd’hui, on ne peut plus parler d’une présence arménienne en Artsakh, où les Arméniens vivaient depuis la nuit des temps, tout comme au Nakhitchevan et dans les provinces arméniennes de l’ancien Empire ottoman, pour ne citer que les territoires vidés de leur population arménienne durant ces derniers 150 ans.

En ce début de la nouvelle année nos pensées vont aux nombreuses familles en deuil ainsi qu’à celles qui attendent leurs proches disparus de force ou détenus illégalement dans les geôles azerbaïdjanaises. Nous pensons également aux Artsakhiotes qui ont perdu tous leurs biens et essaient de construire une nouvelle vie en Arménie.

Nous débutons 2024 avec une grande inquiétude face aux défis gigantesques que l’Arménie doit relever pour assurer la sécurité de ses habitants. Sera-t-elle capable d’éviter une nouvelle guerre, une réelle menace que l’Azerbaïdjan brandit continuellement pour obtenir de nouvelles concessions de l’État arménien? Parviendra-t-elle à intégrer les réfugiés de l’Artsakh tout en défendant leur droit de retour sûr et digne sur leurs terres ancestrales avec la mise en place d’un mécanisme de garanties internationales? Comment neutraliser les visées de l’Azerbaïdjan, de la Turquie et de la Russie sur le « corridor de Zanguezour »? Comment lutter contre les plans diaboliques de Bakou d’annexer le sud de l’Arménie qui lui permettrait de tracer un continuum territorial jusqu’à la Turquie et d’obtenir le retour des réfugiés azerbaïdjanais en « Azerbaïdjan occidental », à savoir le territoire de l’Arménie, comme indiqué dans la déclaration adoptée par le Parlement azerbaïdjanais le 26 décembre 2023 « sur le retour des Azerbaïdjanais occidentaux dans leur patrie historique »?  Comment obtenir le retour de tous les prisonniers de guerre et des autres personnes détenues par l’Azerbaïdjan, qui les utilise comme un moyen de chantage? Dans quelle mesure l’Arménie arrivera-t-elle à réformer son armée et à renforcer ses capacités militaires afin d’atténuer le déséquilibre des forces avec l’Azerbaïdjan? Réussira-t-elle à diversifier sa politique étrangère et ses échanges commerciaux et à réduire sa dépendance de la Russie?

Ajoutons à ces défis les autres problèmes tout aussi conséquents auxquels est confrontée l’Arménie sur les plans social, économique et psychologique, notamment après l’arrivée de plus de 100’000 personnes déplacées de force de l’Artsakh.

Chaque nouvelle année vient avec une lueur d’espoir et d’optimisme. Espérons que 2024 nous apporte, en Arménie et dans la diaspora, le courage et la sagesse nécessaires pour surmonter nos divergences et réunir nos forces et compétences pour soutenir la République d’Arménie contre les menaces qui pèsent sur son existence.

L’équipe d’Artzakank souhaite une excellente année 2024 à ses lecteurs et lectrices.

2024-01-15T18:34:22+01:00 15.01.24|ÉDITORIAL|