Irma CILACIAN
Plus de 300 personnes ont pris place dans la salle des fêtes de Troinex ce samedi soir. Un chiffre qui témoigne de l’attachement du public au gala annuel de Sanahin et de la place qu’occupe désormais ce rendez-vous dans la vie culturelle de la communauté arménienne. Au fil de la soirée, une évidence s’impose, tous les ingrédients sont réunis pour faire de ce rendez-vous un succès.
Un voyage à travers les rites et traditions arméniens
Intitulé Les Rites et Traditions de nos Montagnes d’Arménie, le spectacle propose cette année un véritable parcours à travers les grands moments de la vie collective. Les seize tableaux qui composent le programme s’inspirent de traditions, de croyances et de scènes de la vie quotidienne profondément ancrées dans la culture arménienne.
Dès Forteresse, symbole de la résistance et de la force du peuple arménien, le ton est donné. Le public est ensuite entraîné dans les préparatifs d’un mariage traditionnel: la confection de la dot, la veille de la noce, les réjouissances villageoises et les rituels qui accompagnent l’union des futurs époux. Le spectacle évoque également le Trndez, cette fête populaire durant laquelle les jeunes couples franchissent les flammes pour se purifier et appeler le bonheur. D’autres tableaux mettent en scène les liens familiaux, les retrouvailles entre sœurs, la relation entre grands-parents et petits-enfants ou encore la transmission entre générations.
Au-delà des traditions, plusieurs chorégraphies abordent des thèmes plus universels. La séparation, l’attente des êtres partis combattre, le deuil, mais aussi la résistance et l’espoir traversent le spectacle comme un fil conducteur. Le tableau final, Nous sommes nos Montagnes, vient rappeler avec force l’attachement à une identité, à une terre et à une mémoire collective.
L’énergie de la scène
Le deuxième ingrédient de cette réussite est sans doute l’engagement des danseuses et danseurs. Des plus jeunes élèves du groupe Initiation aux danseurs et danseuses des groupes Pré-ados, Ados et de la Compagnie, chacune et chacun apporte sa présence, son énergie et sa sensibilité à l’ensemble du spectacle.
Ce qui retient particulièrement l’attention est la fluidité avec laquelle les générations se succèdent et se répondent sur scène. Les plus jeunes découvrent les premiers gestes de la danse traditionnelle tandis que les plus expérimenté·es portent les tableaux les plus exigeants. Cette diversité crée une dynamique vivante et donne au spectacle une profondeur particulière.
Une qualité artistique remarquable
Sous la direction de Christina Galstian, Vahag Kalaidjian, Vartan Agoudjian, les chorégraphies alternent avec justesse scènes festives, moments de recueillement et tableaux plus narratifs. Les mouvements collectifs, les formations scéniques et le travail des solistes témoignent d’une préparation minutieuse.
Les costumes, particulièrement soignés, participent pleinement à l’immersion du spectateur. Associés aux lumières et à une mise en scène sobre mais efficace, ils contribuent à créer des ambiances distinctes pour chaque tableau tout en préservant l’unité de l’ensemble.
Un travail collectif
Comme toujours, ce qui se déroule sur scène n’est que la partie visible d’un travail considérable. Derrière les danseuses et danseurs se trouvent les chorégraphes, les responsables de la troupe, les couturières, les techniciens, les photographes, les bénévoles et les familles qui consacrent temps et énergie à la préparation du gala.
Cette mobilisation collective constitue l’un des fondements de Sanahin. Elle permet, année après année, de proposer un spectacle ambitieux tout en conservant l’esprit familial qui caractérise la troupe.
Une soirée qui rassemble
Dans la salle, l’attention est constante. Les applaudissements accompagnent chaque tableau et témoignent du lien particulier qui unit le public à la troupe. Lorsque les dernières notes de Nous sommes nos Montagnes résonnent et que les danseurs viennent saluer, le sentiment est partagé: celui d’avoir assisté à un spectacle généreux, exigeant et profondément vivant.
La soirée se poursuivra ensuite autour du repas traditionnel et du kef, où spectateurs et artistes se retrouvent sur la piste de danse. Comme un prolongement naturel de ce qui s’est joué sur scène.
Car si cette édition 2026 a marqué les esprits, c’est précisément parce que tous les ingrédients étaient réunis: la qualité artistique, l’engagement des danseuses et des danseurs, le travail des bénévoles et la fidélité d’un public toujours présent.
Rentrée Sanahin: mercredi 16 septembre 2026
Inscriptions auprès de Christine Sedef:
079 758 11 36 – christinesedef@ik.m
Photos © Eduard Kuyumcuyan



