LE CENTENAIRE DU GÉNOCIDE DES ARMÉNIENS (1915-2015)

Par Hasmik TOLMAJYAN, Ministre plénipotentiaire de l’Ambassade d’Arménie à Genève

Cent ans déjà nous séparent du Génocide arménien de 1915. Cent longues années, ou notre peuple a traversé d’immenses souffrances avec des survivants dépossédés de leurs familles, de leur patrie et de leurs biens,  épuisés par la marche infernale vers la mort. Mais ces années ont été marquées également par d’incroyables efforts pour la survie et de travail sans répit pour réussir, pour se reconstruire, pour assurer une intégration exemplaire et apporter leur contribution au développement et à la prospérité de leur pays d’accueil. Étant à côté de l’Arménie dès les premiers jours de son indépendance, les descendants des rescapés du génocide sont devenus également d’acteurs importants de la renaissance de leur Patrie d’origine.

En Arménie comme dans la Diaspora nous partageons tous la même mémoire collective du Génocide, mais chacun de nous reste aussi profondément imprégné par la mémoire personnelle et familiale transmise par nos parents et nos grands parents. Cette année de commémoration du Centenaire est encore une occasion de transmettre, de les partager.

C’est aussi une occasion de renouveler notre reconnaissance à tous ceux qui nous ont tendu la main  dans ces  moments tragiques et ont offert une terre d’accueil aux rescapés.

Le Centenaire ne tourne pas la page de l’histoire ni marque le chemin de l’oubli. Le Centenaire est une occasion de recueillement, d’hommage universel à la mémoire des 1,5 millions de victimes, de lutte pour la reconnaissance du Génocide et contre son déni, de renforcement des mécanismes communs internationaux de prévention des crimes atroces contre l’humanité.

Mais c’est aussi une occasion de porter un regard commun sur l’avenir en réunissant tous nos efforts en Arménie comme dans le Diaspora afin d’assurer des lendemains de paix et de prospérité pour notre pays et notre peuple, honorant ainsi la mémoire de ceux qui…

«Sont tombés sans trop savoir pourquoi
Hommes, femmes et enfants qui ne voulaient que vivre…

… La mort les a frappés sans demander leur âge
Puisqu’ils étaient fautifs d’être enfants d’Arménie.»

Je souhaite espérer que ce Centenaire soit pour la Turquie une occasion de faire son devoir de mémoire et de se réconcilier avec son passé, permettant à nos peuples  d’emprunter la voie de la réconciliation.

2018-04-02T23:27:27+02:00 02.04.15|NO SPÉCIAL 2015|

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