HOMMAGE À ÉLIANE BAGHDASSARIAN

Eliane au Victoria Hall avant le concert dirigé par son fils Luc le 24 avril 2015

Baghdassarian, un nom bien de chez nous, l’Arménie.

Pourtant Éliane est née fribourgeoise et était aussi bien une authentique Suissesse, qu’une authentique Arménienne et avait toutes les qualités helvétiques: la discrétion, la réserve, la sobriété, toutes qualités qu’on aurait pu confondre avec une certaine timidité, voire une certaine distanciation, pour ceux qui ne la connaissaient pas.

Chère Éliane, nous nous sommes connues il y a plus de vingt ans, vingt ans d’une longue amitié, grandie au cours de longues conversations, où notre passion pour la culture arménienne fut aussi le ferment d’un lien sûr, fort et fidèle et intime.

La vie d’Éliane était compartimentée.

Il y avait d’abord sa vie quotidienne avec Vasquen, son grand amour, son mari, pour lequel elle serait allée au bout du monde, son idole pour lequel elle nourrît un amour qui fortifia une vie conjugale de presque 60 ans.

Il y avait Luc, son fils, Luc Baghdassarian, pianiste de renommée internationale et chef d’orchestre, sa raison de vivre, son oxygène, son fluide vital, dont elle parlait d’abord à chacune de nos rencontres. Ses concerts, ses répétitions, les anecdotes et péripéties de ses déplacements musicaux  dont elle se délectait avec les yeux brillants de plaisir et nous faisait partager sa joie. Sa fierté de prendre en charge les travaux d’enregistrement de son fils.

Et puis il y avait la culture arménienne, pour laquelle elle a œuvré sans relâche au sein  de la Fondation Topalian. La culture arménienne qui n’avait pas de secrets pour elle, cette culture arménienne qu’elle a tant aimée pour nous la faire aimer.

Après le décès de notre grand ami Armand Gaspard, journaliste au Journal de Genève, qui nous a accompagnés tant d’années et a relaté tous nos événements culturels, c’est naturellement vers Éliane que nous nous sommes tournés, pour porter notre parole, notre culture écrite, au Salon International du Livre de Genève, où la Fondation Topalian fait vivre chaque année, depuis plus de vingt ans, la culture arménienne.

Ce fut un rôle qu’elle prît très au sérieux et a accompli avec très grand professionnalisme. Elle se préparait longtemps à l’avance, connaissant tous les noms des conférenciers et tous les titres des auteurs. Pourtant elle s’avançait toujours très discrètement, s’asseyait au premier rang, pour mieux entendre disait-elle, avec une petite tasse de café et son éternel bloc-notes, qu’elle gribouillait intensément des jours durant, à tel point qu’on se demandait si elle en comprendrait elle-même les calligraphies qui remplissaient ce bloc-notes, calligraphies qui n’étaient en fait que l’ancienne sténographie qu’elle utilisait avec adresse. Paniquées, nous lui demandions si elle pourrait tirer quelque chose de ce bloc-notes noirci de sa sténographie lors de ces sessions annuelles  de cinq jours du Salon du Livre.

Et puis chaque année le miracle s’accomplissait, soudain tout était là, dans la clarté et dans la précision toute professionnelle qui étaient sa marque. La perfection. Rien ne manquait.

Et pourtant elle nous disait avec sa modestie habituelle, qu’elle aurait pu faire mieux mais que le temps lui avait manqué.

Compagne présente aux évènements de la communauté, elle en faisait le compte-rendu le lendemain dans le journal Artzakank.

Les mots sont faibles pour exprimer ce qu’Éliane fût pour nous, pour notre communauté et surtout pour la Fondation Topalian.

Compagne inlassable de notre culture, propagandiste infatigable par ses écrits au style résolument moderne, Éliane a œuvré à la diffusion de notre culture arménienne, jusqu’à plus de 80 ans.

Chère Éliane, pour l’amitié que tu nous as témoignée, pour ton dévouement à faire vivre et connaître notre culture, nous te remercions avec humilité et avec amour et notre reconnaissance et notre mémoire te sont acquises.

Nous nous consolons en t’imaginant accueillie auprès du Tout-Puissant qui veille maintenant sur toi, mais qui, connaissant tes qualités, t’a déjà confié une charge de scribe pour écrire les chroniques du Paradis.

A toi Éliane

. Merci!

Conseil d’administration de la

Fondation Hagop D. Topalian

 

2017-12-01T20:48:48+00:00 20.11.17|COMMUNAUTÉ, GÉNÉRAL|

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