TOURISME RURAL ET SOLIDAIRE – VECTEUR DE DÉVELOPPEMENT HARMONIEUX DU TERRITOIRE

Miassine et ses partenaires suisses  ont organisé en octobre 2018 «Les rencontres solidaires arméno-suisses pour un développement harmonieux de l’Arménie». Pendant cinq jours les représentants de Tourism for help, de Green Jobs and Sustainable Development, de l‘Organisation Internationale du Travail et de Miassine en compagnie du maire du Grand Saconnex ont sillonné les régions d’Arménie (Kotayk, Tavoush, Gegharkuniq, Aragatsotn) afin de dialoguer avec les acteurs locaux et d’identifier collectivement les opportunités de développement du tourisme rural. Cette dynamique participative s’est conclue par une conférence de restitution organisée par Miassine au sein des Nations Unies, en partenariat avec le PNUD, l’OIT,  l’Ambassade de Suisse en Arménie et le ministère de l’Aménagement territorial d’Arménie, en présence de plus de 120 personnes, experts en tourisme, fonctionnaires, jeunes entrepreneurs, bailleurs de fonds, banques coopératives.

Ce fut la Deuxième Conférence annuelle sur l’Économie Sociale et Solidaire que Miassine organisait en Arménie.

« Pour ce peuple ouvert, chaleureux, aimant leur pays. Pour la jeunesse, vivante, qui se projette facilement vers un bel avenir et pour les villageois qui ont un réel esprit d’entreprendre », c’est par ces mots que Bertrand Favre, maire du Grand Saconnex, a fait un toast pour l’hospitalité du peuple arménien à Kalavan, village reculé dans la région de Gegharkounik, perché a près de 2000 m. Attablées autour de lui, 35 personnes (maximum que le village pouvait accueillir dans ses chambres d’hôtes)  composée d’experts arméniens et suisses en développement local et de jeunes arméniens francophones désireux de s’investir professionnellement dans le secteur du tourisme rural.

Organisées en marge du XVIIe Sommet de la Francophonie, ces rencontres solidaires visaient à sensibiliser le public francophone, notamment suisse, sur le potentiel du tourisme rural en Arménie. Le constat de départ était simple et évident: la réalité d’un développement territorial déséquilibré entre Erevan et les régions et le potentiel du tourisme rural, qui peut être vecteur du développement économique local.

Pendant 5 jours, le bus aux couleurs suisses et arméniennes – une véritable Clinique itinérante d’évaluation est parti à la rencontre des populations locales dans leurs milieux naturels.

Si Dilijan s’est présenté comme un pôle d’attraction touristique réussi, notamment grâce a des investissements publics et privés considérables, les villages de la région de Gegharkounik dans leur ensemble ont montré le vrai visage de l’Arménie rurale. Pas de route, des maisons avec beaucoup de potentiel mais en piteux état, des taux de crédits trop élevés et un sentiment d’abandon de la population vis-à-vis des décideurs politiques.

Et pourtant on l’a ressenti à chaque rencontre, le paysan est attaché à son sol, à son eau, même s’il ne l’a pas en permanence dans son foyer, et il est prêt à s’investir pour ne pas avoir à quitter son village. C’est là où le développement du tourisme rural peut être une solution en offrant de nouvelles possibilités de développement local.

C’est ce que nous enseigne la crise de l’agriculture en Europe dans les années 1970 qui a poussé les décideurs à la recherche de solutions pour le développement rural: Une des mesures adoptées pour contrer cette  crise a été la diversification des activités de l’économie rurale, notamment le développement du tourisme rural. En Suisse, la réussite de ces transformations résulte essentiellement du soutien des politiques publiques et de la mobilisation des acteurs locaux. En Arménie, jusqu’à maintenant, les initiatives associatives se sont substituées à l’État pour améliorer les conditions de vie en milieu rural. La dynamique de changement politique actuelle offre désormais des perspectives de partenariat avec l’État et les autorités régionales pour le développement local. La finalité de ces efforts doit être de créer de nouveaux emplois, nouveau aussi dans le sens des métiers (guide de montagnes, gérant des B&B, agriculteurs bio…), d’améliorer les infrastructures et d’augmenter ainsi les revenus de la population rurale et de revitaliser la campagne. 

L’avantage de l’activité touristique pour les villageois qui ont des moyens limités consiste avant tout dans les faibles besoins en investissement et le rendement rapide par rapport aux activités agricoles traditionnelles ce qui est très important pour les revenus.

L’écologie dans toutes ses formes et la mise en valeur des ressources naturelles et artisanales ont été au centre de l’attention de l’équipe des experts. La promotion du tourisme rural est très étroitement liée avec le concept d’emplois verts et de l’économie verte. Plus de 15 maisons étaient dotés de panneaux solaires. Arthur, apiculteur biologique, exportait sa production vers Erevan, tandis qu’une éco maison scientifique hors paire était en train d’être construite à Kalavan. Un agriculteur de Martouni nous a fait visiter son verger à 2000m d’altitude illustrant tout le potentiel d’activités d’agrotourisme qui ne demandent qu’à être soutenues.

Une autre piste prometteuse sont les activités de sports d’hiver compte tenu de la durée d’enneigement en Arménie non seulement pour les touristes étrangers qui cherchent de nouvelles destinations pour skier mais aussi et surtout pour la population locale, afin de susciter chez les jeunes l’envie de pratiquer les sports d’hiver. Pour que les opérateurs économiques suisses s’intéressent aux opportunités touristiques en Arménie il est important de créer des programmes de promotion et d’information à travers la coopération décentralisée. En 2019 Miassine continuera à déployer ses efforts de mobilisation de ressources au profit de la promotion du développement rural dans l’esprit d’Économie Sociale et Solidaire. Invitée au Salon du Climat à Lausanne en février 2019, Miassine saisira l’occasion pour inviter des partenaires potentiels à s’impliquer dans le développement local en Arménie.

Astrig MARANDJIAN, fondatrice de Miassine

***

Créée en 2009 en Arménie, la Fondation Miassine (www.miassine.org), qui signifie «Ensemble» en arménien, œuvre pour le développement humain du peuple arménien. Elle vise à créer des ponts entre les acteurs socio-économiques afin d’apporter des changements pour un monde meilleur. Son action est basée sur la forte conviction de la nécessité de construire des projets fédérateurs qui valorisent l’entraide et l’échange pour atteindre les objectifs communs avec impact. Miassine a été pionnier en 2009 en lançant une vaste campagne de sensibilisation et d’identification du potentiel du tourisme rural et en créant la première plateforme des gites ruraux d’Arménie.

2019-01-21T16:15:05+02:00 21.01.19|ARMÉNIE & ARTSAKH, ARTICLES, GÉNÉRAL, SUISSE-ARMÉNIE|

Laisser un commentaire